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Les carrefours en conversation – conférence principale Tony Armstrong

November 21, 2017 • 58 min read

Tony a parlé de l’histoire de l’organisme Locality, au Royaume-Uni, des différents types de service qu’il offre à ses collectivités.

Transcription

Tony Armstrong
Merci beaucoup pour une si chaleureuse bienvenue. C’est un plaisir d’être finalement ici, et à Toronto, au printemps. J’en ai tellement entendu parler. Et merci surtout à Diane pour m’avoir donné cette écharpe et ces habits chauds pour faire face à cette émergence. Et si vous voulez [00:00:30] me suivre ou m’envoyer un tweeter ou discuter avec moi vous pouvez le faire sur @antlondon, et je vous répondrai plus tard. Je voudrais commencer par faire un pas en arrière et considérer le contexte. Parce que les règles du contexte où l on agit à présent, dans une perspective globale sont plutôt inquiétantes. On a entendu la première nous parler des défis [00:01:00] qu’on affronte. On a un populisme qui s’accroît, dans le monde, dans plusieurs pays, y compris la Grande Bretagne, certainement au sud d’ici, on en trouve. Et, parallèlement on a aussi une hausse, et je dirais même très en rapport, avec de l’ignorance, du dédain vers les experts, auprès de la science et de leurs connaissances, et même aussi auprès des médias respectables. Et, on a aussi un accroissement de l’intolérance, qui est, encore très liée à tout cela. [00:01:30] Et, les immigrants qui sont aperçus comme un problème, et les minorités qui sont aperçues comme un problème. Et la combinaison de ces trois (« causes ») est vraiment dangereuse et vraiment toxique. Une des raisons par laquelle ceci arrive, et certainement d’après la perspective de la Grand Bretagne ; collectivement on a beaucoup réfléchi sur la raison par laquelle les gens ont voté pour le Brexit, et il y a de différentes raisons, il n’y a certainement pas seulement une raison. Mais, d’une certaine façon c’est parce que les gens se sentent impuissants face aux évènements dans leurs régions, impuissants pour arrêter les grandes [00:02:00] forces économiques autour de la globalisation, les flux de capitaux et les régulations d’emplois qui changent autour d’eux et qu ils ne peuvent pas trop faire pour arrêter tout ça et créer de nouvelles approches. Et la réaction violente que beaucoup de gens affrontent c’est d’essayer de trouver des solutions faciles et des moyens rapides de décrire où de blâmer les étrangers, les gens s’accrochent à cela. Et je pense que c’est ici que le but de ces conférences, l’objectif de ces carrefours communautaires [00:02:30] sont si importants et de façon globale stratégiques, car le modèle d’un carrefour communautaire, ou comme on l’appelle en Angleterre, d’une ancre communautaire, est, à mon avis, une façon importante de contrecarrer ces mouvements. C’est offrir des alternatives, des visions plus positives de comment on peut donner aux gens plus de contrôle sur les évènements au niveau local. Comment on peut donner aux gens, le pouvoir économique sur ce qui se passe globalement d’après une perspective locale, pour qu’ils puissent se trouver en tête des décisions et qu’ils [00:03:00] puissent déterminer le genre de développement/ économique qu’ils voudraient voir. Donc, il est vraiment important, je parle déjà à une salle pleine d’adeptes déjà et de croyants, mais je crois qu’il est quand même important de se souvenir que ces choses qu’on est en train de dire sont réellement importantes à présent. Ce qui est notamment encourageant d’écouter c’est à propos de l’appui du gouvernement ici. La première ministre a parlé si passionnément sur le modèle, et d’avoir des antécédents [00:03:30] et d’être intéressés sur cela, depuis déjà si longtemps ; et ceci évidemment contribue à créer un environnement. Pourtant, il ne s’agit pas seulement des gouvernements. Et beaucoup d’entre vous essayeront de donner des conseils et parleront sur l’équilibre entre l’action et l’inaction du gouvernement. Et moi, je vous parlerai sur quelques idées et sur l’apprentissage qu’on a eu en Grande Bretagne ; ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, et aussi ce que nous pensons qui devrait arriver. Alors, en Angleterre, on appelle les Carrefours communautaires ou modèles communautaires, d’Ancre communautaire, [00:04:00] et je commencerai en vous présentant un peu l’histoire de ce genre d’organisations que nous classifions de carrefour communautaire, pour utiliser ces mots, et un peu sur ce que la localité fait pour donner du support aux programmes des carrefours communautaires. Alors, l’évolution des carrefours communautaires en Angleterre compte depuis plusieurs années. Avant l’âge victorienne, on avait certainement toujours des espaces de réunion communautaires et des assemblées communautaires. On a toujours eu une tradition d’action basée sur la communauté liée à la philanthropie. Mais, je commencerai [00:04:30] par ce qui concerne l’établissement d’universités dans les quartiers. Dans les années 1880, le premier Toynbee Hall, à l’est de Londres, a commencé en tant que mouvement pour que les universités, et les collèges abordent, et de façon très philanthropique, un endroit où les étudiants pouvaient aller passer une année chez les plus pauvres. Une approche très paternaliste, mais avec le temps plusieurs d‘entre ces programmes ont été mis en marche et plusieurs étudiants ont travaillé dans des endroits très défavorisés, à travers [00:05:00] la Grande Bretagne; et puis cela s’est répandu dans le Canada et dans les États-Unis, et dans plusieurs pays de l’Europe aussi. En Grande Bretagne, cette approche a commencé à se transformer, et plus que paternaliste elle est devenue un mouvement pour des reformes sociales en y introduisant des éléments d’assistance sociale. Donc, elle est devenue très importante disons en tant que laboratoires sur le terrain, en termes du bon travail qu’ils mettaient en place. Donc, dans notre réseau, on a des membres qui en ont fait partie et qui ont une histoire philanthropique [00:05:30] depuis 1880. On a aussi des membres qui sont nés des groupes d’activisme, et j’en parlerai de cela aussi. Mais un groupe de nos membres est né des campagnes pour l’égalité en 1960 et 1970, dans des milieux très défavorisés. Alors, beaucoup étaient dirigés par des communautés noires ou des minorités multi-ethniques qui introduisaient un nouveau regard sur les problèmes qu’ils affrontaient sur des sujets où ils ressentaient ne pas recevoir assez d’attention ou de priorité de la part de l’état. [00 :06 :00] Beaucoup de nos organisations sont basées sur ces traditions. Puis, en 1990 on a eu une vague d’organisations qui étaient très engagées dans le développement économique, pour se servir des forces économiques, du soutien existant pour attirer bien évidemment de la croissance économique, mais aussi pour faire une autre chose qui s’agissait de retenir la richesse qui était produite dans ces zones défavorisées. Car dans plusieurs endroits, les gens travaillent, les gens paient pour des choses, les gens paient les impôts pour des services [00 :06 :30], et beaucoup de cet argent s’enfuit des quartiers locaux. Alors, un des objectifs dans le développement de ces fonds c’était d’essayer de se servir des sociétés, d’utiliser le développement des biens, des bâtiments et de la terre pour générer de la richesse locale. Et puis, d’autres initiatives plus tard, étaient sur la des projets de régénération, des programmes du gouvernement, et ce qui est intéressant, les dernières années on a vu une sorte de renaissance de l’activisme en tant que raison de la participation des gens dans les carrefours communautaires [00 :07 :00]. Une autre chose intéressante dans ce contexte, c’est que maintenant on voit la motivation du secteur public d’avoir d’autres genres d’organisations, des organisations d’employés, des coopératives d’employés, des organisations qui naissent du secteur public et qui s’assemblent en tant qu’agences non gouvernementales et qui composent des carrefours communautaires. Donc, on voit beaucoup cela notamment en Grande Bretagne, en ce qui concerne des établissements ledger, des bibliothèques, etc., Et je parlerai un peu sur les expériences qu’on a eues. Alors, le modèle d’ancres communautaires, provient d’origines différentes [00 :07 :30], mais la plupart d’entre eux ont les mêmes quatre pierres angulaires de la raison par laquelle les communautés – ancres fonctionnent au Royaume-Uni. D’abord, ils utilisent une base solide de biens, donc plusieurs d’entre nos 600 membres ont des propriétés, des bâtiments, de la terre, et ils utilisent ces biens pour produire des revenus. Deuxièmement, ils utilisent des sociétés, donc, beaucoup de nos organisations sont des organisations de bénévolat, mais elles ont aussi des sociétés, [00 :08 :00], des fois, ils louent des chambres, ou des espaces pour des événements, donc ils produisent de l’argent de cette façon. Et puis, il y a d’autres exemples plus extravagants, il y a une fabrique de marmelade, une chocolaterie. Les chocolateries sont super ! Dans une ancienne communauté minière, le PDG de l’organisation a développé une chocolaterie parce qu’il voulait faire du chocolat pas cher/bon marché et le vendre aux hébétés de Londres. Alors, c’est un super exemple d’une façon de recueillir de l’argent dans des endroits plus fréquentés [00 :08 :30]. Et il y a de nombreux exemples différents à travers le réseau de comment le gens se sont servi de différentes approches d’entreprises. Puis, la troisième pierre angulaire qui soutient plusieurs carrefours communautaires avec lesquels nous travaillons : c’est des contrats. Donc, beaucoup de nos membres travaillent dans le secteur public, dans la livraison de services publics, et ils participent dans le processus de d’agrément et de mise en service, et ils obtiennent des contrats pour livrer des services. C’est un secteur qui s’accroit, cela a été le cas pour nos membres, mais il y a un bon nombre de difficultés. [00 :09 :00] J’en reviendrai sur ces problèmes aussi. Et la quatrième pierre angulaire c’est les fonds de bases plus traditionnels. Donc, c’est des fonds de subventions, des fondations, des fiduciaires, des subventions de la part des autorités locales, du gouvernement local, et des donations philanthropiques. Ce qui n’est pas une partie importante de financement pour la majorité de nos membres, mais c’est quand même significatif.

Alors, il s’agit d’être dans le parcours d’une ancre communautaire. On a 600 organisations en Angleterre, des organisations liées en Écosse, au Pays de Galles et aussi au nord de l’Irlande. Donc, quand je parle du Royaume-Uni, je suis très…j’utilise [00 :09 :37] le mot Angleterre parce que je suis dans un pays étranger, donc c’est acceptable. Le modèle qui serait parfait pour une ancre communautaire serait d’être indépendant de différentes sources de financement dont celle-ci dépend. Donc, idéalement, le modèle c’est de pouvoir atteindre le Nirvana de ne pas être dépendant du financement du gouvernement, qui , comme on le sait bien, pourrait arriver ou non . [00 :10 :00] Donc, c’est très difficile. Et puis, de se concentrer à y trouver de l’indépendance du secteur public et du secteur privé, et en même temps d’être solidement inséré dans les deux. Alors, nos membres sont souvent un des employeurs le plus important dans la zone, quelques-uns de nos membres emploient beaucoup de personnel dans diverses fonctions et ils sont alors un pont entre les compagnies locales et l’investissement externe, dans des zones locales, et ils font des choses que le secteur public ne peut pas faire en termes de bénévolat aussi [00 :10 :30]. Ce n’est pas tous nos membres qui ont atteint ce genre de Nirvana, mais plusieurs d’entre eux sont bien dans le parcours vers ceci. Donc, il est important de se souvenir qu’il y a des pas [à entreprendre] dans ce parcours. Alors, ce qu’on fait dans les localités c’est essentiellement trois choses. On aide nos membres à être aussi forts qu’ils pourront l’être, à travers de différents services. Le nom qu’on donne à ce qu’on fait est SOAR. Le modèle SOAR. On les aide à commencer, on les aide à s’organiser, on les aide à commencer à réussir et puis on les aide à être résilients, [00 :11 :00] à travers une gamme de services. Mais, malheureusement le secteur de croissance en Angleterre a été celui de la résilience, parce que plusieurs de nos membres ont dû faire face à de sérieux problèmes en ce qui concerne les relations de contrats, les financements qui dégringolent, et aussi une augmentation de la demande, en même temps. Donc, on a passé beaucoup de notre temps à ceci. On a aussi des programmes et des projets nationaux en place, et plusieurs d’entre eux sont centrés directement sur le support de nos membres, pourtant un bon nombre cible aussi [00 :11 :30] la création d’un meilleur environnement, en général pour les communautés, pour qu’elles se sentent plus dans le contrôle des événements locaux. Donc, deux exemples sont : un programme national sur l’organisation communautaire, et j’y reviendrai avec un exemple ; et puis on a aussi un programme national pour appuyer les communautés à être insérées dans la planification des quartiers, ce qui se traduit en pouvoir législatif que les communautés doivent avoir pour tenir le contrôle( total statutaire du pouvoir de planification au niveau des quartiers, ce qui est un précédant important [00 :12 :00] en termes des lois pour passer le pouvoir du gouvernement local aux communautés. Mais, ce que je ciblerai c’est notre troisième activité, qui s’agit de créer un environnement positif pour que les carrefours communautaires y puissent fonctionner. Donc, on sait que nos membres sont axés sur des biens et des sociétés. Et c’est aussi intéressant que dans des conversations de la séance d’aujourd’hui on en a abordé comment les communautés peuvent se servir des biens, de la terre et des bâtiments [00 :12 :30] comme on le dit, dans ce contexte pour produire des effets plus étendus. Et il est très intéressant que la première ministre vienne d’annoncer qu’il y a cette période de 18 mois de facilités de crédit pour aider aux communautés à acquérir des biens, et ceci est quelque chose où nous avons de l’expérience. Ce qu’on sait, depuis une perspective de l’Angleterre, c’est qu’il y a 3 ans, plus au moins, c’était presque impossible d’obtenir du gouvernement national ou des gouvernements locaux l’octroi de biens à des organisations communautaires. [00 :13 :00] Il y a des pouvoirs législatifs au Royaume Uni qui permettent de transférer des biens mobiliers à des carrefours communautaires hors valeur du marché. Mais pour arriver à ce que les gouvernements le concrétisent, était incroyablement difficile. Ce qui était transféré en général, c’était les responsabilités plutôt que des biens mobiliers. C’était, « allez-y, je vous cède volontiers ce bâtiment du 18ème siècle, où personne n’est entré depuis 40 années ; mais si vous l’acceptez on s’attend à ce que vous vous occupiez à le retaper et que vous vous teniez aux régulations très exigeantes de sécurité et de santé. etc. et etc. [00 :13 :30]. Donc, cela a été un vrai défi depuis 3 ans… il y a eu un revirement et les autorités locales étaient bien contentes de concéder toutes leurs propriétés, tellement cela était le cas que certaines autorités avaient même créé des brochures et des prospectus avec toutes les propriétés qu’ils possédaient. Mais, évidemment, la question était qu’ils voulaient le prix du marché pour les immeubles. Ce qui a créé une distorsion totale du marché. Donc, si vous voulez un centre communautaire n’importe où en Angleterre, à présent, c’est un marché qui favorise les acheteurs, mais si vous êtes une organisation [00 :14 :00], il est évidemment très difficile de trouver du financement et d’accroître les fonds. Les biens sont une partie très importante du projet. Et une des raisons pour laquelle on cible tellement les biens vis-à-vis de nos membres, car beaucoup de nos membres disent « il ne s’agit pas uniquement du bâtiment, il n’est pas uniquement question de cela, il s’agit de ce que nous faisons et de ce qui on est », et bien sûr ils ont raison, mais c’est un immeuble qui est au centre de vos opérations. Si vous, votre base c’est un bâtiment multifonctionnel, alors, vous avez la capacité de générer un revenu, vous avez votre compte de résultats. [00 :14 :30]. Cela donne à l’organisation communautaire plus de poids dans soit l’investissement, soit l’argent. Et, une recherche qu’on a conduite pendant les dernières deux années, suggère que ceux qui étaient propriétaires de leurs biens immeubles ont mieux traversé les tempêtes financières depuis la crise économique de 2008 que ceux qui n’étaient pas propriétaires de biens, parce que ils ont pu reconfigurer leurs services et diminuer leurs charges, etc. Donc, c’est essentiel. On sait aussi que les biens qui appartiennent à des communautés peuvent appuyer les services locaux [00 :15 :00]. Un super exemple c’est à Leeds, en Yorkshire, où il y avait une vieille piscine victorienne Bramley Baths, vous la trouverez sur notre site web si vous voulez la voir, puis l’autorité locale a essentiellement dit que c’était une piscine en très mauvaise état, et qu’ils n’avaient pas vraiment investi sur cela depuis plusieurs décennies, et qu’ils ne pouvaient pas vraiment la maintenir, donc ils allaient la fermer. Il y a eu une grande campagne communautaire local pour la maintenir ouverte, ils croyaient que c’était une ressource très utilisée, ce qui était vrai [00 :15 :30], il y a un grand nombre de gens du coin qui l’utilisent tout le temps, dans une zone très défavorisée, avec très peu d’installations de détente dans la proximité. Comme résultat de la campagne nationale, l’autorité locale a décidé de leur concéder un bail long terme pour qu’ils maintiennent la piscine en fonctionnement. Et en neuf mois, ils ont réussi à la rendre rentable. En termes d’opération de la piscine, ils ont dû la rouvrir, la reconstruire, ils ont ajouté des installations, et elle a rouvert parce que elle était gérée d’une façon complètement différente à la façon de l’autorité locale, c’était pour les gens locaux [00 :16 :00] et par les gens locaux. On a plusieurs exemples comme celui-ci que vous pouvez accéder sur notre site web, sur la façon dont les communautés ont agi en réponse à’une menace à un bien local, et le côté positif. Mais, comme on vient de le dire, avant le bien il y a la responsabilité, et on sait aussi, qu’on ne peut pas dire aux organisations communautaires locales, « on va fermer cette installation le mois prochain ou dans six mois, elle est à vous si vous voulez en faire quelque chose. » On a vu, surtout dans le secteur des bibliothèques [00 :16 :30] comment les autorités locales ont décidé, dû à de différentes pressions, qu’ils ne peuvent plus opérer des services bibliothécaires. Les situations où cela n’a pas marché c’est quand ils disent « on ferme, c’est à vous, quiconque le veut, peut l’avoir », et normalement cela tombe dans les mains de quelques bénévoles engagés qui essaient de la faire fonctionner avec très peu d’expérience sur le sujet, sans un superviseur et sans appui d’un bibliothécaire professionnel (une profession de grande valeur) ; donc on finit avec un groupe de gens épuisés après quelques mois et une bibliothèque qui doit finir par être fermée de toute façon [00 :17 :00]. Où cela a fonctionné, et très bien dans quelques cas, c’est quand l’autorité locale a envisagé la situation depuis un moment, a capacité la communauté locale en offrant de l’appui permanent, du financement permanent, pour faire une transition graduelle aux mains de la communauté, et puis on a aussi beaucoup aidé ces bibliothèques communautaires en les encourageant à diversifier les activités. Donc, les bibliothèques gérées par les communautés les plus réussies, sont à présent bien utilisées [00 :17 :30], elles ont aussi des cafés communautaires, elles offrent des services de santé, elles ont une variété de carrefours communautaires. Plusieurs de nos membres ont à présent des services bibliothécaires, et pour beaucoup d’entre eux c’est une façon de rassembler des services. Donc, ils peuvent offrir des services bibliothécaires où ils avaient des centres de jeunesse, des centres pour les enfants, des centres pour la famille, etc. Donc, c’est plus intégré, précisément le modèle de carrefour communautaire dont on parlait. C’est un aspect difficile pour nous en tant qu’organisation, parce qu’on ne veut pas donner le message « ce n’est pas grave si le secteur public arrête d’offrir ces services et ils ferment » [00 :18 :00] Mais, on est pragmatique, dans le sens que s’il faut trouver des solutions, alors on doit aider les gens à faire cette transition. Donc, des fois, on a des situations où les bibliothécaires nous envoient des lettres de réclamation. Donc, s’il y a des bibliothécaires ici qui veulent m’engueuler, j’y suis habitué…et je veux faire passer le message approprié aux bibliothécaires. Alors, les leçons principales à propos des biens sont l’objectif. Je crois que cela doit être un partenariat franc, l’appui et le financement doivent être disponibles, [00 :18 :30], cela n’arrive pas sans un appui de transition, et sans développer de la capacité et des aptitudes, et on a aussi eu la législation qui nous appuie. On a la régulation Localisme 2011, et une des actualisations c’était la création du droit communautaire de soumissionner pour des biens considérés de valeur communautaire. Alors, on y introduit le processus pour que les communautés puissent enregistrer un bien communautaire, de façon à pouvoir faire les démarches pour l’obtention du certificat correspondant et pouvoir dire, cet immeuble, ce bien, est un bien de valeur communautaire. Si le bien est enregistré, 900 :19 :00] alors les communautés ont le droit au premier refus et elles peuvent s’organiser pour présenter une offre d’achat pour ce bâtiment si jamais ne il est mis en vente. Ils ont six mois pour faire cela. Cela est une expérience très intéressante pour nous. Il y a à présent, 4 000 bâtiments qui sont dans le processus d’être enregistrés comme bien communautaire. Des centres communautaires et des pubs à travers le pays montrent ce certificat avec fierté, ce certificat qui démontre qu’ils ont un bien qui a de la valeur communautaire ; mais ce certificat n’a aucune valeur jusqu’au moment où le propriétaire décide de vendre cet immeuble, et à ce moment, la communauté a six mois pour recueillir les fonds pour présenter une offre à la valeur du marché. Presque personne n’a suivi tout le processus parce que six mois n’est pas assez de temps pour réunir les fonds, notamment dans les zones les plus défavorisées. Parce qu il faut penser que, si vous allez par exemple, demander du financement à une fondation indépendante pour l’achat d’un bien, il faut le présenter auprès du conseil, et ces réunions sont chaque trimestre, c’est-à-dire, il est très probable que cette réunion se soit déjà tenue et vous n’avez qu’un cycle de financement unique. Donc, ce n’est pas un délai réaliste, ce qui veut dire qu’en pratique [00 :20 :00] cela n’a presque pas été utilisé. Donc, je suis curieux de voir comment le délai de 18 mois de facilités va fonctionner, parce qu’on est en train de demander un délai similaire au Royaume Uni. Encore deux choses que je voulais vous mentionner : notre expérience, et puis notre expérience des carrefours communautaires qui collaborent et qui travaillent avec la prestation de services publics. Les derniers 15 à 20 ans, nos membres sont devenus indépendants des subventions gouvernementales, des financements de base, et des financements attachés à de projets particuliers et ils comptent plutôt sur la prestation de services publics sous contrat. [00 :20 :30]. Alors, la participation dans des appels d’offres, a été un bénéfice pour plusieurs de nos membres qui offraient déjà des services, à une escale plus petite, de pouvoir augmenter ce qu’ils offraient déjà et que ceci leur permet(de mettre en jeu) leurs compétences et leurs atouts pour rassembler plusieurs contrats du secteur public. Mais, ce qu’on voit à présent, en on l’a vu depuis quelques années déjà, est un mouvement vers l’externalisation de services [00 :21 :00] publics et gouvernementaux au niveau national et local, et on voit aussi plus de standardisation et une augmentation des services attachés à ces contrats. Donc, il y a peut-être dix ans, on avait des contrats axés sur une région, un quartier ou un village, qui offrait des services pour l’abus de substance /stupéfiants, ou des services d’appui pour les familles ; mais à présent, on voit des secteurs plus étendus du gouvernement qui cèdent des contrats qui couvrent une large gamme de services à des entreprises d’externalisations géantes pour 30, 40 et 50 millions de libres esterlines par année. [00 :21 :30]. À la base, l’impact de ceci, à part la qualité du service, c’est qu’il n’y a pas de fournisseurs, ou très peu de fournisseurs de gens du pays qui peuvent se présenter aux appels d’offre pour ces contrats parce qu’ il faut présenter les comptes consolidés, il faut avoir un flux de trésorerie, qui soit à la mesure de la valeur des contrats. Donc, ce qui est arrivé les dernières années, ce qu’on a vu c’est que de très bons services qu’avant se trouvaient sur place , maintenant , ils sont disparus ; que les prestataires de services locaux ne peuvent plus participer aux appels d’offre, et ils doivent, soit faire face à la situation difficile d’avoir un contrat de sous-traitance [00 :22 :00] avec les grandes entreprises d’externalisation qui n’ont aucun intérêt sur ce qui se passe au niveau local et veulent uniquement gérer les services, soit ils ne veulent pas avoir le contrat de sous-traitance et ils doivent alors affronter les organisations ou équipes rivales qui volent tout leur savoir-faire technologique et toute leur équipe. Ceci a été un grand problème pour beaucoup de nos membres, je crois, et il s’agit d’une tendance très importante. Au Royaume Uni, on est un peu plus avancé, je crois, et cette privatisation et cette externalisation est vraiment une mise en garde pour tous [00 :22 :30] si on ne fait pas attention. Donc, on a conçu quelques outils pour essayer d’arrêter ceci. Et c’est plutôt du bon sens, genre, si vous commissionnez des services, parlez avec les gens qui offraient déjà ces services, et concevez-les avec eux, parce que les gens du pays connaissent leur réalité et souvent les solutions locales sont les meilleures. Comme un de nos membres dit, et je le répète tout le temps « on sait les noms des gens, on connait leurs familles, donc, on ne voit pas les gens comme un [00 :23 :00] côté d’un problème. » C’est-à-dire, on ne voit pas un toxicomane, on voit quelqu’un qui a besoin d’aide, on ne voit pas des problèmes de santé mentales, on voit une personne qui a besoin d’aide. De cette façon on peut mieux rassembler des services avec le sens humain local. On sait aussi qu’il y a des choses très simples que vous pouvez faire. Alors, si des contrats de 30 millions de libres esterlins par an, sont en train d’empêcher que vos prestataires de services locaux se présentent aux appels d’offre, alors arrêtez de le faire et offrez des contrats plus petits. Cela serait l’attitude la plus sensée [00 :23 :30]. Puis, on a cette très intéressante législation au Royaume Uni, la Loi de la valeur sociale, qui donne aux gouvernements locaux le pouvoir d’accorder des conditions de valeur sociale dans l’appel d’offre, dans le processus d’approvisionnement. C’est-à-dire, on peut dire, on veut que notre proposition d’appel d’offres pour ce contrat puisse démontrer combien de postes locaux va créer, combien d’opportunités d’entrainement pour les gens de la région, combien d’apprentissages, etc. Et on voit à présent que ceci a été mis en pratique de façon très proactive [00 :24 :00] pour maintenir des postes locaux. Un des arguments sur ce point, qui est toujours fort quand on parle avec des politiciens élus, on leur dit essentiellement, si vous êtes d’accord avec cet appel d’offres de la façon dont vos fonctionnaires vous recommandent, vous allez faire que les postes de travail local s’enfuissent à une autre région, voulez-vous vraiment faire cela ? Et cet argument cible la pensée des gens. Mais je crois que dans ce projet, il est très important, si on commence à avoir une approche de marché vis-à-vis les carrefours communautaires, [00 :24 :30], des groupes qui se présentent à appels d’offres pour offrir des services, alors on doit s’assurer de ne pas créer des conséquences involontaires dans le processus, que c’est un peu ce qu’on a déjà vu. Puis un dernier sujet que je voulais mentionner, c’est autour de la prise de décisions au niveau local. Donc, je viens de mentionner qu’on a la Loi du localisme 2011, ce qui au niveau international est vu comme un exemple très intéressant de comment les pouvoirs ont changé de mains. Essentiellement, des droits communautaires mis en place, j’ai déjà dit le droit communautaire de présenter une soumission qui donne une opportunité pour six mois [00 :25 :00] pour acheter des biens. J’ai déjà mentionné l’organisation dans le quartier, qui transfère les pouvoirs aux communautés au lieu du pouvoir être sur le lunges et puis il y a un troisième pouvoir, que j’ai aussi introduit, que c’est la sagesse communautaire, un défi qui permet aux communautés de défier le gouvernement local et de dire qu’ils veulent qu’un service déterminé soit présenté de forme différente, ils veulent déclencher une révision. Je crois que notre impression en général de ces pouvoirs, c’est qu’ils ont été intéressants, ils changent les débats, ils ont été intéressants dans l’évaluation des attentes, [00 :25 :30], mais ils n’ont pas vraiment effectivement présenté rien de ce qu’ils voulaient faire à exception des planifications du quartier, lequel, à mon avis, a vraiment changé la façon dont les gens perçoivent la planification. Cela a pris un bon moment, mais à présent, il y a des milliers de communautés dans le processus, même si elles ont déjà adopté le plan de quartier, qui donne le control direct des lunges dans la zone, ce qui est un bon début. Pour la législation, et je crois que c’est intéressant, les attentes sont bien différentes. [00 :26 :00] Donc, même si les communautés qui se servent du droit au défi n’ont pas encore réussi à détendre les services et à les présenter de façon différente, au moins ceci a déclenché une centaine de conversations, une centaine de campagnes, et des communautés qui commencent maintenant à parler de comment les services doivent fonctionner différemment, et puis, des conversations qui sont un résultat de ceci. Donc, il a été vraiment important, même si les résultats ne sont pas ce qu’on s’attendait, mais c’est le cas souvent avec les législations. Donc, je crois que la leçon qu’il faut apprendre c’est de ne pas trop confier [00 :26 :30] en la législation, même si elle peut être un outil important. On essaye de commencer un nouveau grand débat au Royaume Uni à propos de comment est-ce que les gens peuvent ressentir plus de contrôle sur les événements qui arrivent dans leurs vies. Et je viens d’établir une commission indépendante qui aborde le futur du ‘localisme’. Alors, voyons comment les droits communautaires peuvent être renforcés et améliorés, comment la démocratie locale peut être plus axée [00 :27 :00] sur les quartiers, et les villages et les régions plutôt que sur les limites des autorités locales. Je suis sûr puisque je suis là, mais vous savez, on a ces batailles féroces entre de différents secteurs du gouvernement sur qui est responsable pour quoi et les communautés locales ont suscité ceux qui sont les plus laissés pour compte pendant que [00 :27 :16] les gens en discutent sur ces choses.

Alors, on veut créer une nouvelle plateforme de recommandations sur comment le gens peuvent se sentir plus en contrôle de leurs vies. Parce que, quel que soit l’opinion de gens à propos des élections du Brexit [00 :27 :30], une chose qui est sûre, c’est que les gens qui ne se sentent pas sous contrôle ne vont certainement pas se réveiller et se sentir plus sous contrôle grâce à avoir quitté l’Union européenne. Donc, il faut y penser différemment. Donc, quelques points clés pour en finir avant de passer aux questions du public. Je crois qu’un des secrets pour rendre effectifs les carrefours communautaires c’est de les appuyer de façon absolue pour qu’ils deviennent propriétaires des biens. Cela donne de l’indépendance [00 :28 :00] et de la solidité à toute organisation et la rend plus soutenable dans l’avenir. On veut aussi être sûr qu’il y ait un processus de commande de services plus juste ; si les organisations participent de la prestation de services publics, les exigences doivent être justes, pour qu’elles puissent faire concurrence à des entreprises privées, dans la prestation de services publics. Le rôle du gouvernement est bien intéressant car on a entendu quelques déclarations au cours des présentations aujourd’hui qui affirment que le gouvernement doit s’écarter pour laisser faire. Personnellement, je trouve cette phrase un peu compliquée, parce que cela peut nous mener au manque d’actions du gouvernement. Je pense que si le gouvernement s’écarte, il doit être bien clair sur les raisons et la façon dont il s’écarte au lieu de devenir tout simplement inactif. Comme c’est le cas en Angleterre, où on a vu cette idée transformée en excuse. Donc, il faut faire attention aux raisons par lesquelles le gouvernement promulgue des mandats, il y a toujours des choix, et il faut les expliquer [00 :29 :00] très correctement. Je crois aussi que les gouvernements, au niveau régional, provincial et national, peuvent jouer un rôle très important, bien évidemment en ce qui concerne les régulations, les impôts, les législations, qui facilitent le fonctionnement et la réussite des carrefours communautaires, mais, il faut être réaliste sur jusqu’où les gouvernements peuvent jouer un rôle. Au Royaume Uni, le gouvernement a essayé de résoudre un problème avec deux coups de baguette magique, investissant des millions de livres sterling pour la création de carrefours communautaires [00 :29 :30] où d’autres organisations de ce genre, les derniers 20, 30 ans. Mais, en général ceci ne marche pas, parce que les politiciens n’arrivent pas à s’asseoir et dire, « on veut des carrefours communautaires dans ces six secteurs et voici de l’argent pour le faire ». Dans notre expérience, normalement c’est une démarche qui commence à la base. En général, c’est un fardeau très lourd qui exige beaucoup d’apports en heures de travail, je ne sais pas si vous connaissez cette expression, c’est des gens qui partagent une détermination acharnée pour concrétiser quelque chose. [00 :30 :00] Malheureusement, en général dans ces cas-là, il s’agit de quelques individus engagés dans leur communauté qui en ont marre, ou qui voient une possibilité, ou qui se sentent impliqués par une menace extérieure à leur communauté. Le défi c’est de trouver l’appui nécessaire au niveau de l’organisation communautaire, à travers de démarches de développement communautaire pour faire sentir leur soutient à ces individus qu’ils ne s’épuisent et qu’ils aient tout ce dont ils ont besoin pour créer des carrefours communautaires et pour avoir une présence dans la communauté locale [00 :30 :30] au lieu de ne faire que partager un fardeau. Mais, faire ceci est aussi dur que de constituer une petite entreprise, et il faut soutenir ceci aussi. Je pense qu’autre chose aussi c’est le changement culturel et comportemental, il faut s’assurer que tout le monde comprenne que le gouvernement n’a pas le monopole des solutions. Je crois que je vois de très claires démonstrations qu’on commence à comprendre ici. Mais, il ne faut pas que les communautés espèrent que les gouvernements, à n’importe quel niveau [00 :31 :00], présentent toujours des solutions. Je pense que c’est un défi pour les communautés, pour les individus dans les carrefours communautaires et dans les organisations. On peut entreprendre de faire des pas, on n’a pas toujours besoin d’avoir une permission. Une de mes phrases préférées est, « il est toujours mieux de demander des excuses que de demander des approbations », on doit s’assurer que les communautés ressentent ceci. Donc, en conclusion, je crois que même si le monde nous présente de grands défis (et j’ai quelqu’un qui contrôle le temps de ma présentation) mais je me sens optimiste, parce que si on ne se sent pas optimiste alors qu’est-ce qu’il nous reste ? Je crois qu’il y a un bon nombre de bons modèles dans le Royaume Uni et en Angleterre et dans le monde, parce qu’on fait partie d’une fédération internationale constituée de quartiers. Et je vous encourage à le voir comme ça parce qu’ il y a des membres partout dans le monde en train de faire des choses magnifiques. On a un modèle qui est très positif et qui contrecarre plein de négativité autour du populisme, de l’autoritarisme. de l’ignorance. C’est magnifique d’être physiquement présent ici, d’être au Canada, et je crois qu’on voit le Canada, et vous ne le penseriez pas, mais on voit comme si tout était merveilleux ici [00 :32 :00], mais nous tous, nous pensons qu’il est plus merveilleux ici que chez nous. Merci beaucoup.

Laura :
Alors, on a dix minutes pour des questions et on a des micros itinérants dans le salon je crois, n’est-ce pas ? Alors, je vois des mains levées…on a des micros ? Ils sont au fond, [00 :32 :30] d’accord, en voici un ici.

Spectateur :
Merci beaucoup. Le Royaume Uni a été un modèle vraiment important pour nous dans l’approche des excédents immobiliers faux, donc j’étais ravi de vous voir dans le programme. Ma question pour vous est comment est-ce que les carrefours communautaires peuvent servir de résidence lors d’événements climatiques extrêmes, comme les inondations ?

Tony Armstrong :
[00 :33 :00] Je crois que ceci est un événement climatique canadien extrême. En fait, c’est très important, parce que…on a un exemple : on a eu des inondations pendant Noel et le Nouvel An, il y a un an, et plusieurs de nos membres dans les zones qui étaient affectées sont tout à coup devenu l’installation la plus importante dans ces zones. Un exemple, c’est la mairie de Hebden Bridge, qui était l’ancien siège de la municipalité et qui a été transférée à un carrefour communautaire il y a quelques années, et est devenu un centre polyvalent avec plusieurs services. [00 :33 :30] ; c’était l’unique endroit accessible pendant l’inondation. La police, les pompiers et d’autres services d’assistance n’y pouvaient accéder, alors le centre est devenu un refuge d’émergence, il est devenu le centre de logistique pour tous les services locaux nécessaires, et je crois que depuis ceci, la communauté entière s’est rendu compte de l’importance de ce carrefour communautaire. Et il est devenu ceci parce qu’il était indépendant, parce qu’il était pour la communauté, parce qu’il était flexible. Ce sont des principes forts qui ont immédiatement inspiré de la confiance, de la capacité [00 :34 :00]. Ils n’ont pas hésité à ouvrir les portes et à permettre que les gens s’installent partout où ils trouvaient une place. Oui, je crois que ceci est très important.

Spectateur :
Ma question est sur l’équilibre. Vous avez parlé sur le localisme et les droits communautaires et le travail que vous faites ; donc, je me demande que pensez-vous de l’équilibre entre ce qui semble être un mouvement plutôt du secteur bénévole s’occupant de tout un équilibre entre les droits locaux et l’importance de [00 :34 :30] la présence d’un régulateur public pour assurer l’équité, de façon à ne pas être dépendent uniquement de ce que la communauté est capable de mettre en place. Comment peut-on équilibrer ce qui est la responsabilité du gouvernement avec le désir de disposer des droits communautaires ?

Tony Armstrong :
Je crois que c’est ça la question, c’est de trouver l’équilibre juste. Peut-être avez-vous entendu parler, d’après une perspective anglaise, du programme de la « big society » [00 :35 :00] il y a quelques années. Si on acceptait les faits présentés et si après on ne l’avait pas utilisé en tant que campagne électorale, alors, il y avait des points intéressants. Il s’agissait de repenser les rôles de différents participants dans la prestation de services et comment engager et reconstruire les besoins des quartiers et des gouvernements pour jouer un rôle. Les communautés doivent jouer un rôle, et de même les agences publiques. Et il n’a pas marché parce que le programme était un camouflage pour un programme massif d’austérité et de coopératives. Donc, cela a sapé [00 :35 :30] un message qui était d’autre part très positif, parce que les gens ont assisté à [00 :35 :34] le conseil local qui arrêté tous les services locaux. Je veux dire, il ne faut pas sous-estimer la quantité de mouvements coopératifs dans le secteur public au Royaume Uni. Par exemple, les services de jeunesse ne font pas partie de la stratégie des gouvernements locaux, et à présent, dans la majorité de zones du gouvernement local, on ne trouve pas de services de jeunesse. Donc, seulement ceux qui ne sont pas financés par le gouvernement ont continué. [00 :36 :00]. Dans ce contexte, il est très difficile d’entreprendre un programme de transition proactive et durable, où les communautés puissent entreprendre des actions. Et c’est ici que des organisations comme le localisme ont pris leur plein essor, parce qu’on aide les organisations communautaires à créer les compétences et la capacité. Je crois que dans le modèle qu’on a au Royaume Uni, le gouvernement n’a pas fait assez. Il aurait dû jouer un rôle plus important dans la provision de financements, dans le soutien transitionnel [00 :36 :30] et montrer plus clairement qu’il y avait des avantages publics quant au contrôle communautaire sur les événements au niveau local, au lieu d’être vues uniquement comme des coopératives du secteur public.

Spectateur :
Tony, pourriez-vous faire des commentaires sur les approbations municipales. Il y a beaucoup de bonnes intentions ici, les gens veulent établir des carrefours communautaires, et ils commencent les démarches municipales et puis il y a les régulations, les agréments, le certificat des pompiers, toutes ces démarches qui ralentissent et des fois, bloquent carrément un carrefour communautaire, donc je me demandais si vous avez des conseils sur comment [00 :37 :00] naviguer dans ceci.

Tony Armstrong :
La pensée qui m’est tout de suite arrivée à l’esprit, c’est : faites-le malgré tout. Je pense que, beaucoup de gens me posent la question, qu’est-ce qui unit les membres de la région, parce qu’il est très différent des zones rurales à des zones urbaines. Il y a des zones plus larges et d’autres plus petites. Mais une chose que je pense beaucoup, c’est qu’elles ont toutes cette détermination acharnée, qu’ils vont faire ce qu’il faut en dépit de tout, elles vont négocier jusqu’à ce qu’elles réussissent. Et je pense que si vous êtes un carrefour communautaire, vous devez [00 :37 :30] être résilient. Et si vous êtes un cadre d’une organisation, ou un membre d’une organisation, si vous êtes un gérant, vous devez être capable de gérer les différentes situations, genre pouvoir tenir le coup d’être éveillé à 3 heures du matin réfléchissant comment vous allez faire pour financer les programmes. Donc, il s’agit de faire les choses malgré la situation. En termes structuraux, ce qui pourrait aider c’est d’essayer d’être aussi indépendant que possible du secteur public. Si cela veut dire être propriétaire de biens, ou avoir [00 :38 :00], des sources de financement substantiel, même si c’est minoritaire, qui proviennent de votre propre revenu, cela vous donne de la résilience. Il vous laisse libre pour dire, on n’a pas besoin de ce contrat du gouvernement. Donc, il ne vous faut pas vous plier au gré d’une autre agence pour survivre. Plusieurs de nos membres sentent qu’une fois dans cette position ils ont un pouvoir de négociation avec les autres et avec le secteur public, et ils peuvent créer des relations et des partenariats d’après une position différente [00 :38 :30]. Ce n’est pas une chose facile de dire, et ce n’est pas facile d’arriver à ceci, mais ce qui y conduit ,c’ est ce pour quoi on parle tellement des biens et de créer des sociétés comme démarche importante pour établir un bien communautaire productif, parce que jusqu’à ce qu’on soit capable de produire du revenu indépendant, il vous faudra, d’une façon ou d’une autre, faire partie du secteur public et vous adapter aux tendances politiques et officielles du moment. [00 :39 :00].

Spectateur :
Salut Tony, bienvenu au Canada. Je m’appelle Jaqueline, je suis un des membres fondateurs de Toronto Black Farmers Colective. On est un groupe d’enthousiastes de la nourriture et on s’est réunis parce que on n’avait pas beaucoup de produits biologiques dans nos marchés, notamment dans certains endroits [00 :39 :30] de Toronto, qu’on appelle les zones aménagement de quartiers, on n’a pas tellement de beaux services. Donc, on a décidé que la nourriture était très importante pour nous et on s’est réunis en tant que collectivité éclectique de gens. Donc, ma question pour vous c’est : comme on est une organisation de base, on s’est associé à une organisation plus importante établie depuis déjà 30 ans, et ils ont toutes les ressources pour faire tout ce dont vous êtes en train de parler, [00 :40 :00] pour s’ occuper des organisations plus petites et s’assurer que tout est en ordre. Mais on s’est rendu compte qu’ils ne s’occupaient de nous comme il fallait, donc on a commencé à poser des questions et on a été opprimés, abusés et obligés à nous taire, et on n’a pas reçu les fonds pour payer un loyer, ou pour faire le travail qu’on voulait faire ou pour créer notre carrefour communautaire. Alors, que nous conseillez – vous [00 :40 :30] de faire dans une situation pareille ? Est-ce que cette situation arrive partout ou c’est uniquement ici, au Canada ?

Le défi c’est, et je crois cela fait partie du concept même de créer des carrefours communautaires indépendants, c’est que d’une certaine façon, on bouleverse le statu quo. [00 :40 :47]. Je pense qu’on va toujours avoir des défis. Je veux dire, qu’une des choses qui arrive, justement quand on veut créer un carrefour communautaire, ou une organisation communautaire, c’est qu’on va poser un défi à l’autorité établie, c’est des principes, comment poser des défis et comment faire les choses de façon différente. Cela nous présente alors [00 :41 :00] des situations difficiles, tel que des organisations qui sont opérées plutôt basées sur leurs intérêts personnels que sur les intérêts des bénéficiaires, et sur les valeurs de leur mission. On voit que ceci arrive dans le secteur du bénévolat, partout dans le monde. Je ne connais pas les circonstances particulières de ce qui arrive chez vous, mais encore une fois, ce qu’il faut faire, dans la mesure du possible, c’est de pouvoir être indépendant des actions du gouvernement ; c’est-à-dire, on veut être capables de façonner notre propre environnement [00 :41 :30] pour réussir. Et si le gouvernement offre des financements…et des fois, ceci n’est pas un avantage, parce qu’un des avantages de ne pas avoir du financement du gouvernement, comme c’est le cas au Royaume Uni, c’est que les gens n’y pensent plus, parce qu’ils savent qu’ils ne vont rien recevoir, alors ils trouvent d’autres moyens. Donc, je pense qu’il s’agit toujours de…si vous êtes déterminés à le faire, si vous déterminez que ce que vous êtes en train de faire sera positif pour votre communauté, alors vous devez être capables de convaincre et de le concrétiser, et ne vous en faites pas si le gouvernement [00 :42 :00] va y être pour ou contre. Je soupçonne qu’avec un gouvernement si intéressé comme vous l’avez ici, les stratégies qu’il présente, et le financement qu’il offre, d’une certaine façon, tout le monde est en train de prêter attention à ce que le gouvernent fait et ce que le gouvernement dit. Je veux juste vous rappeler, que oui, c’est super d’avoir le soutien du gouvernement et qu’il offre un environnement positif, mais souvenez-vous que le gouvernement n’est qu’une des partie prenantes de ce programme.

Laura :
On a encore une question ; ici

Spectateur :
Salut. Je représente le secteur privé [00 :42 :30] dans le sens que nous sommes très intéressés. Notre entreprise soutient la croissance des carrefours communautaires, notamment dans la zone de banlieue et dans les villes. Comment pourrait-t-on offrir du soutien dans la présente conjoncture ? Ce n’est pas uniquement une question d’avoir les moyens, bien évidemment on en a parlé de ceci, mais c’est aussi une question de s’assurer un bail. Vous avez dit comment le fait d’être propriétaire serait une importante innovation [00 :43 :00] pour le dire d’une certaine façon. Mais au lieu de ceci, le fait de s’assurer un bail ou d’avoir des contrats de logement à long terme serait aussi une façon de donner du soutien. L’Angleterre est un leader dans les partenariats du secteur privé avec le secteur public, pour assurer un bail de longue durée, de plus de 10 ans par exemple, ou d’autres solutions, dans le secteur privé [00 :43 :30] les entrepreneurs ont pu soutenir le développement des carrefours communautaires.

Tony Armstrong :
Je crois qu’on a surtout des exemples dans le secteur public, en termes de transfert de biens. Le secteur public transfère tous les biens à vendre aux carrefours communautaires, c’est sur cela qu’on a surtout de l’expérience. Ceci est devenu bien vite un grand problème, et plusieurs autorités locales pourraient avoir un bâtiment vide considéré de valeur [00 :44 :00], utilisé par un carrefour communautaire, alors ils donnent un contrat d’une année au lieu de donner un contrat de 25 ans, ou même une occupation libre. Il y a des avantages avec, et les communautés se rassemblent et font des activités à court terme. Mais, le vrai pouvoir et le vrai impact économique c’est quand on peut s’assurer un contrat à long terme ou une occupation libre parce qu’ alors vous vous servez pour déclencher du [00 :44 :24] du financement, pour retaper l’immeuble ou autre et [00 :44 :30] on encourage ceci, et entretemps, il faut avoir des services éphémères, des événements communautaires éphémères dans des bâtiments abandonnés pour montrer ce qui pourrait être fait. Il semble que le secteur privé s’accorde avec les autres membres surtout des carrefours communautaires, c’est quand ils travaillent avec des entreprises locales dans la formation et le développement, pour assurer qu’il y a une forte présence dans les entreprises locales, dans les priorités que les carrefours communautaires pourraient avoir, et puis aussi, un bon nombre de carrefours communautaires [00 :45 :00] sont des propriétaires et l’inverse [ 00 :45 :01] au secteur privé. En fait, c’est pour donner des facilités et pour louer à des entreprises locales. La relation est bien plus que ceci. Je crois que quelques-uns de nos membres les plus puissants, qui emploient un centenaire de personnel ont un lien serré avec les entreprises locales. Un de nos membres Goodwin Trust, dans le nord de l’Angleterre ; ils ont même un programme de formation pour les constructeurs dans la banlieue, et ils rassemblent [00 :45 :30] des gens du pays, ils les forment, ils les préparent et leur donnent de leçons de comment se présenter à une interview, et tout cela, et ils ont une très bonne relation avec les usines qui avant n’employaient les gens du pays, ils employaient des gens d’autres villes. Donc ils ont vraiment créé un impact direct dans les vies des gens du pays.

Laura :
Merci beaucoup. [00 :46 :00]. Je m’appelle Laura Smagin, et je suis membre du Premier’s Advisory Group. Je voudrais remercier au nom de tous ici présents, Tony d‘être venu de l’autre côté de l’océan à notre chaleureux printemps canadien. Beaucoup de travail que Tony fait a été une ressource très importante, pas uniquement pour nous dans notre travail avec les carrefours communautaires ici dans la province mais aussi une inspiration. Donc, c’est un énorme plaisir de vous recevoir ici aujourd’hui. Merci beaucoup. [00 :46 :30].

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